19/07/2016Le jury a été injuste envers moi

Flora, une candidate déçue après son échec aux épreuves du diplôme d’Etat d’assistant de service social. 

Je suis une candidate recalée du diplôme d’Etat d’assistant de service social dans le cadre de ma soutenance du dossier de compétence professionnelle (DC1) à Paris. J’ai souhaité écrire cet article en pensant aux autres candidats qui ont échoué tout comme moi. C’est aussi un exutoire.
Aux résultats du diplôme d’Etat, j’ai eu le sentiment d’être victime d’une injustice dans un huis clos devant un jury souverain : être jugée par ses pairs en une heure !
Lors de cette soutenance, j’ ai pu, pendant dix minutes, exposer une trame que j’avais préparée au sein de mon centre de formation, et pour laquelle j’avais eu la note de 14 au jury blanc. Face au jury du diplôme d’Etat, pendant plus de 45 minutes, j’ai échangé et répondu aux différentes questions portant sur l’ISAP (intervention sociale d’aide à la personne), l’ISIC (intervention sociale d’intérêt collectif) et l’auto-évaluation. Le jury avait une attitude attentive. Mes réponses aux questions étaient d’ailleurs ponctuées de sourires et, parfois, de hochements de tête approbatifs. Le jury m’a retenue quelques minutes supplémentaires pour évoquer mon expérience professionnelle dans le secteur médical et mon futur poste au sein du groupe hospitalier qui a financé ma formation. Par ailleurs, l’évocation de mon sujet de mémoire DC2 a suscité chez les membres du jury un vif intérêt. C’est donc dans un climat de confiance et avec plaisir que j’ai répondu à ces questions supplémentaires. Le jury a gardé mon dossier de pratique professionnelle car il y avait apporté des annotations. Nous nous sommes quittés en plaisantant.
Au résultat du diplôme d’Etat, j’ai subi « un ascenseur émotionnel » lorsque j’ai lu la note de 1 à l’oral, alors qu’elle était de 15 à l’écrit. C’est pourquoi je me retrouve aujourd’hui dans une situation extrêmement déstabilisante. L’ attitude bienveillante du jury, son intérêt évident à chacune de mes réponses, la richesse des échanges ne m’ont pas préparée à affronter une telle note, que je ressens comme une forme de violence. Sans compter, que je suis submergée par la culpabilité et la déception de ne pas avoir réussi.

Ce décalage entre une attitude et le résultat d’une évaluation est, à mon sens, contraire aux valeurs que l’école, mais aussi les lieux de stage, m’ont enseignées. J’ai conscience que le jury est souverain dans son évaluation. Mais ne parle-t-on pas de congruence pour qualifier cette adéquation entre ce que l’ on pense et ce que l’ on fait ? N’ y a-t-il pas, au fond, une démarche fondamentale d’honnêteté vis-à-vis du candidat afin qu’il en tire lui même des enseignements ?
Face à cette situation, mes options sont limitées. Je n’aurais pas l’opportunité de refaire une quatrième année avec une prise en charge. Vous le savez, la crise économique qui sévit dans de nombreux secteur touche aujourd’hui le secteur hospitalier, avec des restrictions budgétaires importantes. Le groupe hospitalier qui m’emploie m’a donné la chance de financer une formation de 3 ans, ce qui, en soit, demeure exceptionnel. Par conséquent, je n’ai pas la possibilité de redoubler. Le poste d’assistant de service social prévu pour moi au mois d’août 2016 au sein du groupe hospitalier m’échappe de façon définitive.
Je n’arrive toujours pas à réaliser et à me remettre de ce comportement « retors », aux antipodes de ce qu’on m’a été inculqué sur la déontologie et l’éthique d’une assistante de service social. Avec du recul, j’essaie d’analyser ce que peut bien signifier la note de 1, après plus de 45 minutes d’échange sans aucune remarque en ce sens.
Pour information, j’ai eu, pour le mémoire DC, 19 à l’écrit et 20 à l’oral. Je pense avoir une élocution correcte et les arguments nécessaires pour soutenir mes propos. C’est le retour des travailleurs sociaux que j’ai côtoyés durant mes stages.
Mon centre de formation et mes référents de stage peuvent apporter les éléments nécessaires sur mon sérieux et mon investissement durant ces trois ans de formation. Mais il semble que ces trois ans de théorie et de stages ne font pas le poids sur le choix de deux membres du jury de vous trouver « inapte » en une heure !
J’ai fait de gros sacrifices financiers et privés. J’ai fourni un travail dense pendant ces trois années.
J’ai l’envie et les capacités, selon mes référents de stage et les usagers que j’ai accompagnés, d’exercer ce métier d’assistant de service social respectueux des valeurs humaines.
Mais cette expérience, cette heure de jugement a déconstruit bien des choses en moi. il me faut à présent reconstruire cette confiance.

2 réflexions au sujet de « Le jury a été injuste envers moi »

  1. Alexandra

    Bonjour,
    A la lecture de votre article, je partage votre intense sentiment d’injustice et ne peux m’empêcher de penser qu’il s’agit peut-être d’une erreur d’écriture ??
    Si non, avez-vous demandé à rencontrer le jury pour qu’il motive cette note ?
    Personnellement, je crois beaucoup au fait que certaines choses « doivent » se faire et d’autres pas, et que c’est en acceptant « l’épreuve » que parfois on aboutit sur quelque chose de mieux encore que ce qu’on pouvait initialement imaginer.
    Bon courage en tous cas.

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  2. Fabien

    Bonjour,

    Je trouve étonnant cette note de 1, en effet cela signifie un manque total de connaissance et de professionnalisme associé à une présentation orale inadaptée, je vous invite à vous référer à la grille de notation pour comprendre cela.

    Vous êtes vous rapproché du rectorat pour vous assurer qu’il n’y a pas eu une erreur de saisie de la note orale ? Ou bien pour demander un recours avec vision de la fiche de notation remplie par le jury ?

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