14/03/2014Quelles perspectives d’emploi avec le Caferuis ?

Virginie Fleury, assistante sociale

Ceci est clairement un « coup de gueule » puisque vous nous y autorisez… Celui d’une assistante sociale qui, après trente ans d’exercice de sa profession, a pris un congé de formation pour valider le Caferuis [Certificat d’aptitude aux fonctions d’encadrement et de responsable d’unité d’intervention sociale] et un Master 1 « Politiques sociales », puis a suivi un DU « Handicap mental » sur ses RTT et deniers personnels.

Me voila donc munie d’une solide expérience professionnelle dans des institutions diverses, d’un bagage de niveau II, et en quête d’un poste qui me permette enfin d’exercer des fonctions d’encadrement et d’animation d’équipe.

CV, courriers, lecture des annonces…

Las, j’avais oublié qu’il me manque et me manquera toujours les quatre ou cinq ans d’expérience dans une fonction identique requis par toute offre d’emploi de cadre.

Eh oui, mais qui peut s’annoncer cadre avant de l’être ?

Le Caferuis a été institué pour valider des compétences acquises en poste d’encadrement mais avant tout pour qualifier de nouveaux cadres du social dans un contexte annoncé de « papy boom ».

C’est surtout une très belle opportunité pour les centres de formation qui forment des promos de cadre qui n’auront jamais de poste, si l’on excepte ceux qui étaient en fonction à l’entrée en formation.

Amertume partagée par mes camarades de promo puisque le constat est là : lors de notre dernière rencontre, seuls avaient trouvé un CDD les hommes, une collègue ayant accepté un poste de responsable d’un service d’aide à domicile payée au SMIC, une collègue ayant déménagé vers un territoire rural donc deficitaire…

Au-delà de ma situation personnelle, je souhaiterais échanger sur les perspectives d’emploi  avec le Caferuis.

Merci de votre contribution.

2 réflexions au sujet de « Quelles perspectives d’emploi avec le Caferuis ? »

  1. SANGUIN Christophe

    Bonjour,
    Cautionnant tout à fait votre constat, j’aimerais toutefois pouvoir y ajouter une chose. Au delà d’obtenir le financement de la formation CAFERUIS, que penser de ces associations qui, ouvertement, annoncent qu’elles ne financeront pas ce type de formation car… elles se refusent tout simplement à rémunérer les « diplômés CAFERUIS » comme il l’est prévu par les textes.
    En deux mots, des collègues expérimentés qui prennent des postes de « coordinateur-chef de service » en étant payé comme des éducs spé…. avec la charge de travail et les responsabilités qui incombent à la fonction de chef de service !
    J’espère rejoindre, quelque peu, votre constat que je considère également comme une aberration de notre système !
    Comment peut-on pousser des collègues à évoluer dans leurs carrières si cela aboutit, de plus en plus, à rien ?
    Désolant… et on ne va pas attirer les jeunes en pleine orientation scolaire avec de tels appâts !

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    1. Michel BERNARD

      Bonjour.
      Je pensais être le seul à vivre ce genre de situation. En fait, je m’aperçois que non. Le métier serait-il atteint par le jeunisme ? Après 30 ans d’exercice dans le travail social en tant qu’éducateur puis de chef de service, dans des domaines aussi variés que la protection de l’enfance, la prévention spécialisée, les FJT, les services de tutelles et l’obtention du CAFERUIS en partie en VAE, puis pour les DC manquants par un retour en école, aucune perspective d’emploi.
      Sur 70 candidatures déposées, j’ai eu la chance d’obtenir une dizaine de rendez-vous. Quel bonheur et quels espoirs ! En fait, quelles déconvenues !
      La prise de rendez-vous, au téléphone, est toujours courtoise et intéressée. « Votre candidature m’intéresse et je voudrais vous rencontrer. »
      Après avoir négocié avec Pôle Emploi la prise en charge des frais de transports (j’ai l’audace de postuler en Ile-de-France alors que j’habite en Normandie), m’être rendu à l’entretien qui est toujours courtois, où l’on me dépeint les situations les plus catastrophiques de fonctionnement d’équipe (ce qui est somme toute assez classique), et par rapport auxquelles on me demande de me positionner, la réponse est toujours la même.  » Nous ne pouvons malheureusement pas retenir votre candidature. Nous avons préféré retenir un autre candidat répondant plus précisément aux critères recherchés. »
      Quid des pratiques, de l’expérience, de la personne ?
      Bien sûr, les contraintes budgétaires sont présentes et la formation d’éducateur s’élargit aux fonctions d’encadrement dévolues auparavant aux chefs de service. Mais à ce tarif, quid des « usagers » et surtout notre pratique « ancestrale » est-elle devenue obsolète ? Le CAFERUIS est-il un bâton de maréchal en reconnaissance pour services rendus, mais sans la retraite qui va avec ? Est-ce le prix du silence ?
      Même si le métier a beaucoup changé en 30 ans, ce qui en soi est un bien, est-ce une raison pour jeter le bébé avec l’eau du bain ?
      Voilà, c’est le constat désolant d’un vieux travailleur social qui a l’outrecuidance de penser qu’il peut encore être utile aux autres.

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